Santé et Low-Cost (1)

image

Définition et origine du low-cost

Au 21e siècle, l’idéal low-cost s’impose comme le dernier rêve moderne où chacun pourrait acheter mieux à des prix toujours plus bas. Synonyme d’achat malin, le low-cost représenterait la pierre philosophale de l’économie moderne, un modèle au mille vertus, une formule magique capable de concevoir le même produit pour un coût inférieur, et donc de manger, voyager, vivre, se faire soigner pour deux, trois, voire dix fois moins cher. Plus aucun secteur n’échappe au phénomène low-cost. Les consommateurs suivent, les industriels se réjouissent.

Commençons par définir le concept « low-cost » et à comprendre son origine. Le concept low-cost est un modèle économiquue de production à bas coût, essentiellement tourné, dès son origine, vers une population à faibles revenus. Le low-cost, en tant que vocable, est apparu dans le discours managérial il y a une quinzaine d’années, bien après son essor économique qui date de la fin des Trente Glorieuses. En effet, ce phénomène n’est pas nouveau puisque les premiers commerces low-cost ont vu le jour immédiatement après la Seconde Guerre Mondiale dans la distribution alimentaire. Les populations des pays occidentaux, alors en pleine reconstruction, bénéficiant pour la plupart d’un faible pouvoir d’achat, se sont naturellement tournées vers ce type de distribution peu onéreuse. Suivi dans les années 1970-1980 par le hard-discount dans l’ameublement, plus récemment dans les années 2000 dans le transport aérien, et de nos jours dans la santé. Sa diffusion en Europe dans la langue courante peut être datée et associée au succès des compagnies aériennes low-cost, Ryanair et EasyJet.

Au sens littéral, « low-cost » signifie bas coût, mais les anglo-américains préfèrent utiliser l’expression « no frills » traduisible par « sans frime » qui désigne un produit brut, sans fioritures. Stricto sensu, le low-cost est un modèle économique né aux Etats-Unis dans les années 70. Son invention est souvent attribuée à Herbert Kelleher, un homme d’affaires nord-américain. En 1967, il crée sa propre compagnie Southwest Airlines. Pour éviter de mettre la clef sous la porte, il recherche et invente des principes pour augmenter la productivité de sa compagnie et révolutionner le marché. Du point de vue social, Kelleher refuse le principe « low-cost, low-right », qui sous-entend des prix bas mais une pression importante sur le personnel. De l’invention de Kelleher, les imitateurs et successeurs vont surtout retenir les bas coûts.

Cette pratique se développe particulièrement en temps de crise économique. C’est pourquoi, ce concept est apparu au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, cela s’est confirmé dans les années 70-80 lors du choc pétrolier, et plus récemment, suite aux effets collatéraux de la mondialisation. Selon les experts du low-cost, ce phénomène s’inscrit dans l’air du temps. Le succès du low-cost repose avant tout sur les changements de comportement des consommateurs et plus encore en ces temps de crise qui influe sur les arbitrages.

image

Santé et low-cost Qu’en est-il dans le domaine de la santé ?

Sachant que le low-cost n’est rien d’autre qu’une reformulation des offres pour arriver à une économie maximale et à des ventes en gros volumes, le modèle peut être appliqué à quasi tous les secteurs d’activité. Et c’est justement la raison pour laquelle de plus en plus d’enseignes se convertissent, pouvant faire bénéficier de prix plus bas sans rien perdre de ses bénéfices. La stratégie du low-cost n’est donc plus l’apanage des compagnies aériennes et de la distribution alimentaire et se diffuse aujourd’hui dans plusieurs secteurs d’activités, l’industrie automobile mais surtout les services (coiffure, hôtellerie, banque, assurance, contrôle technique, pompes funèbres, déménagement etc.), même si il y occupe une place encore limitée. Loin d’être réservé à une catégorie donnée de population, le low-cost est utilisé aujourd’hui par une majorité de consommateurs, même si les pratiques restent très différenciées selon les groupes sociaux.

Ainsi il est légitime de s’interroger sur la déclinaison du low-cost dans le domaine médical. Dans ce domaine le low-cost ne connaît pas encore le succès fulgurant d’autres secteurs. Mais pour combien de temps encore ? Dans les années à venir, la tendance au déremboursement des soins et à la modération des taux aura de fortes chances de se poursuivre, au vu de la conjoncture actuelle. Face à ce constat la médecine low-cost risque d’occuper une place de plus en plus importante.

La santé est désormais envisagée par certain comme un marché juteux, notamment dans le domaine de l’optique et de l’odontologie. Dans de nombreux pays européens ayant précédé la France sur la voie du déremboursement, les autorités ont pu observer le développement de ces pratiques s’apparentant à un véritable marché low-cost. La médecine n’échappe donc pas à cette vague, que certains n’hésitent pas à appeler « marché de la santé ».

Dans le domaine de l’optique, les consultations peuvent se faire sur le web. Il est même envisagé par des enseignes de grande distribution ou encore des pure players (entreprise œuvrant uniquement sur internet), de vendre des lunettes de vue sans que le patient ne soit en contact direct avec un opticien. Des sites internet agréés par l’Assurance maladie proposent à leurs clients de leur envoyer par la poste monture et verres à prix réduits, accompagnés d’une facture et d’une feuille de soins pour le remboursement incitant les patients à ne plus prendre le temps de se rendre chez les professionnels de santé….

Le prochain article concernera plus précisément l’odontologie et le low-cost.

vous pouvez bien sûr réagir à cet article dans les commentaires.

source: BUPHA TD 2014

Laisser un commentaire