Pour ou contre travailler en musique?

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Ce ne sont pas uniquement les chirurgiens plastiques de la série télé Nip/Tuck qui écoutent de la musique tout en maniant le bistouri… De nombreux chirurgiens-dentistes opèrent en musique:

La musique pour les patients

la musique est un anti-douleur

Selon une étude de University of Utah publiée dans le Journal of Pain de décembre 2011, il n’y a pas de meilleur moyen d’apaiser la douleur et l’angoisse propres aux interventions dentaires, ou médicales de toutes sortes, que de se plonger dans la musique.

Les chercheurs de l’université ont demandé à 143 sujets d’écouter de la musique pendant qu’ils leur administraient une décharge électrique douloureuse au bout des doigts. Les participants auxquels ils avaient demandé de suivre les mélodies et d’en repérer les anomalies ont moins souffert que les autres, un phénomène accru chez les sujets angoissés par l’expérience. Les marqueurs physiques de la douleur, comme l’activité électrique du cerveau et la dilatation des pupilles, ont également été étudiés.

«Ces résultats indiquent que le fait de prendre part à des activités, comme l’écoute de musique, pourrait être un moyen efficace d’atténuer la douleur chez les patients angoissés capables de se concentrer facilement», expliquent les chercheurs.

Si l’étude ne précise pas quels genres musicaux fonctionnent le mieux, David H. Bradshaw, qui l’a dirigée, a déclaré que le type de musique importait peu, pourvu qu’elle captive le patient.

La musique aurait donc un effet bénéfique sur les patients opérés: c’est également  la conclusion d’une autre étude britannique publiée dans la revue médicale The Lancet. Ainsi, selon elle, écouter de la musique avant, pendant ou après une intervention chirurgicale diminuerait l’anxiété et les douleurs des patients tout en facilitant leur rétablissement.
Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont étudié 73 essais cliniques contrôlés rassemblant plus de 7.000 participants. Ils ont ainsi observé une nette diminution des douleurs post-opératoires, une faible prise de médicaments analgésiques, et un faible taux d’anxiété sur les patients opérés en musique. Toutefois, selon les chercheurs, la musique n’a pas permis de diminuer la durée d’hospitalisation des patients.
D’après leurs observations, les vertus de l’écoute sont retrouvées quel que soit le moment de l’audition, même sous anesthésie générale. Mais il semblerait qu’écouter sa chanson préférée avant l’opération soit plus bénéfique que de le faire pendant ou après. Selon le Dr Catherine Meads de l’Université Brunel (Royaume-Uni), responsable de l’étude, la réduction de leurs maux serait d’environ 20% sur l’échelle des douleurs qui va de 0 à 10.
Pour elle, il serait judicieux que les patients soient autorisés, à l’avenir, à choisir le type de musique qu’ils souhaitent entendre.

Les chirurgiens sont meilleurs…en musique

Si les patients seraient sensibles à l’écoute de la musique, les chirurgiens le seraient tout autant. Selon une étude publiée dans la revue Aesthetic Surgery Journal, les médecins qui opèrent en musique auraient un geste plus rapide mais aussi plus précis que leurs collègues qui travaillent en silence. A une condition: que le volume ne doit pas être trop élevé pour pouvoir entendre le personnel qui les assiste.

Vous l’ignoriez peut-être mais de nombreux chirurgiens à travers le monde opèrent en musique. Une bonne idée ? Oui, selon une étude publiée dans Aesthetic Surgery Journal. Et peu importe qu’ils écoutent du classique ou du rock, les médecins qui opèrent en musique ont un geste plus rapide et plus précis que leurs confrères cloîtrés dans le silence.

La musique baisse le niveau de stress des chirurgiens

Pour parvenir à cette conclusion, les auteurs de l’étude, chercheurs de la faculté de médecine de l’université de Gavelston (États-Unis), ont demandé à 15 chirurgiens plasticiens de refermer des incisions pratiquées sur des pieds de porc achetés dans un supermarché local. Certains chirurgiens ont réalisé cette opération avec de la musique, d’autres sans. Puis le lendemain, ils ont dû faire de nouveau cette opération, avec de la musique s’il n’y avait pas eu droit la veille, et vice-versa. « Nous avons admis que nos sujets pouvaient s’améliorer la seconde fois simplement grâce à la répétition, explique dans un communiqué le Dr Shelby Lies, co-auteur de la publication. Cet effet est réduit en répartissant au hasard les chirurgiens entre une première phase avec ou sans musique. » Les chirurgiens n’ont – bien entendu- pas été informés de l’objet de l’étude. Il leur a simplement été demandé de réaliser l’acte chirurgical rapidement et d’informer les chercheurs lorsqu’ils avaient terminé.

Les chercheurs ont ainsi constaté que le temps nécessaire pour effectuer une suture est en moyenne 7 % plus court lorsque le chirurgien préfère écouter de la musique. Il atteint même 8 % pour les débutants et 10 % pour les expérimentés. Un gain de temps loin d’être inutile. « Passer moins de temps au bloc opératoire peut se traduire par une réduction significative des dépenses, particulièrement lorsque refermer la plaie représente une part majeure de l’intervention, comme lors d’une abdominoplastie, explique le Dr Shelby Lies. Passer plus de temps sous anesthésie générale augmente aussi le risque d’événement indésirable pour le patient. » Un panel de chirurgiens plastiques a également jugé à l’aveugle la qualité de l’ensemble des sutures. Verdict : les plus « belles » se sont révélées être… celles réalisées en musique.
Ces résultats ont été confirmés par une autre étude du British Medical Journal parue en 2014, les chirurgiens qui écoutent régulièrement de la musique en salle d’opération sont plus performants que les autres, car plus concentrés sur la tâche à effectuer.

Quand la musique rend les chirurgiens plus habiles

Cinquante chirurgiens mélomanes opérant habituellement en musique ont bien voulu servir d’instruments à une expérience orchestrée en laboratoire, particulièrement stressante : compter à rebours de 13 en 13, par exemple, à partir d’un nombre à cinq chiffres, à haute voix pendant deux minutes et le plus vite possible, ce qui dépasse la mesure !
Sur ce principe cadencé, trois séries de calcul mental ont été effectuées par les virtuoses du bistouri ; la première avec la musique de leur choix ; la deuxième avec le Canon de Pachelbel et la troisième en silence. Le Canon a fait mieux que la pause mais moins bien que la mélodie élue, qui non seulement apaise le rythme cardiaque mais encore accélère le tempo des soustractions et leur justesse.

et pour finir un peu d’humour:

 

Et vous, opérez vous en musique?

 

 

2 commentaires sur “Pour ou contre travailler en musique?”

  1. Oui, j’ai toujours travaillé en musique: musique sacrée, lyrique… Et nombreux sont les patients qui m’avouaient découvrir et apprécier des morceaux qu’ils n’avaient pas l’idée d’aller écouter.
    Je partage totalement l’idée de cet article: la musique est un énorme plus, pour les patients et pour nous mêmes

  2. La musique adoucit les moeurs : c’est bien connu et cet article nous le démontre de manière scientifique. J’imagine que d’autres études viendront quantifier et qualifier les effets (et les bienfaits)de la musique sur les organismes vivants.
    Il faut quand même bien reconnaitre que sans la moindre musique, les sons des soins dentaires ont quelque chose de sordide. Le seul bruit du racleur dans un canal pendant une endo sous digue, pendant 1h? Non merci!
    Quand à savoir quoi écouter :
    http://thedentalist.fr/quelle-musique-pour-le-cabinet-dentaire/
    Amitiés.

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