Le STRESS du chirurgien-dentiste

Le stress survient lorsque l’individu se sent incapable (mental ou physique) de faire face à la situation dans laquelle il se trouve:

PHYLOGENÈSE:

Pour bien comprendre, reprenons quelques bases de phylogenèse:

– Le cerveau s’est développé avec d’abord le cerveau reptilien que l’on appelle le cervelet: ce cerveau est extrêmement basique: il est « stupide » et réagit de manière simple pour nous préserver: il va gérer la faim, la soif, la reproduction et il n’a pas la capacité de comprendre; par contre il va être efficace dans la réaction.

– Puis dans l’évolution, le cerveau limbique s’est développé: il est très impliqué dans la sociabilité et dans la routine.

 

-enfin, le préfrontal ( une partie du cortex cérébral) permet l’apprentissage; c’est l’intelligence, la créativité…

Quand on fait un acte chirurgical, on va switcher en permanence entre la routine et le préfrontal; avec l’expérience, on va travailler de plus en plus en routine et de moins en moins en préfrontal.

Face à certaines situations, il peut nous arriver de ne plus avoir une prise de décision rationnelle mais émotionnelle: le conflit entre le rationnel et l’émotionnel amène le stress! On imagine notre capacité à faire face à une situation donnée!

Le stress est une réaction physiologique qui existe pour nous protéger! c’est une réaction de défense de notre cerveau: il s’agit d’une réaction physiologique qui déconnecte une partie de notre cerveau ( le préfrontal) pour faire appel à notre cerveau reptilien:

Toute les modifications comportementales, psychologiques et physiologiques vont être faites pour faire face à ces situations et pour soit se battre soit fuir! C’est le fameux « FIGHT or FLIGHT »

Plus vous allez être stressé et plus vous allez perdre votre capacité à prendre des décisions intelligentes, le préfrontal s’étant déconnecté pour passer en mode reptilien!

Le problème du stress est qu’il entraine une régression intellectuelle!

90% de ce qui nous angoisse est un danger potentiel mais qui n’existe pas! Il s’agit par exemple du nom de ce patient insupportable que  l’on découvre le matin sur notre agenda et qui a rendez-vous à 17h00: cela va nous pourrir notre journée, alors que le rendez-vous se passera peut être très bien!

A RETENIR SUR LE STRESS:

1- Le stress chez le professionnel médical est un phénomène normal.

2- c’est une alarme face  un danger perçu (et parfois bien réel qui doit vous faire réagir.

3- il apparaît lorsqu’il existe un déséquilibre entre la perception de vos ressources et les exigences perçues d’une situation.

4 il s’accompagne de symptômes physiologiques, psychologiques et comportementaux.

5- son apparition est insidieuse, vous ne percevez pas ses premiers symptômes qui sont pourtant bien présents et qui vont affecter votre performance.

6- la résistance au stress est variable selon les individus.

7- les stress sont cumulatifs. Un stress lié à un événement quelconque viendra s’additionner  celui que vous rencontrerez dans une autre situation et diminuera d’autant vos marges de résistance.

8- sous l’influence du stress votre performance mentale est diminué; cela va de la simple difficulté à raisonner, à l’incapacité à prendre une décision, voire jusqu’à la peur panique.

STRATEGIES FACE AU STRESS:

1- Acceptez votre stress, acceptez la situation, ne vous masquez pas la réalité et ses dangers. Acceptez éventuellement de refuser une chirurgie, cela peut être la bonne décision.

2- Évitez de vous jeter sciemment dans certaines situations délicates. Ne surestimez pas votre capacité à gérer votre stress. Évaluez votre réel niveau de compétence. Êtes-vous sûr de pouvoir réaliser cette intervention malgré vos problèmes personnels ou professionnels?

3- Anticipez vos premiers cas et préparez minutieusement vos interventions en vous aidant de votre entourage si nécessaire. La préparation est une  fondamentale car elle permet de se construire un capital confiance en ayant au préalable réfléchi à certaines options (« et si… »).

4- Faites les choses simplement et sachez revenir à essentiel: respect des indications, utilisation des check-lists, application des procédures, etc…

5- Ne baissez jamais les bras, votre cerveau possède d’immenses ressources.

6- Analysez vos chirurgies: si vous avez ressenti du stress, imaginez ce que vous auriez pu (dû) faire avant et pendant celles-ci pour en limiter son influence.