L’effet Dunning-Kruger

Effet Dunning-Kruger

L’ignorance peut étouffer l’apprentissage, dans le sens où une personne qui croit faussement qu’il ou elle est bien informé ne cherchera pas de clarification de ses croyances, mais plutôt s’appuyera sur sa position ignorante. Il peut aussi rejeter des informations valables mais contraires, sans en prendre conscience et ne pas les comprendre. Ce concept est décrit dans le travail de Justin Kruger et David Dunning intitulé «Unskilled and Unware of It: How Difficulties in Recognizing One’s Own Incompetence Lead to Inflated Self-Assessments », autrement connu comme l’effet Dunning-Kruger.

 

L’effet Dunning-Kruger, ou effet de surconfiance, est un biais cognitif selon lequel les moins qualifiés dans un domaine surestiment leur compétence. Dunning et Kruger attribuent ce biais à une difficulté métacognitive des personnes non qualifiées qui les empêche de reconnaître objectivement leur incompétence et d’évaluer leurs réelles capacités. Cette étude suggère aussi les effets corollaires : les personnes les plus qualifiées auraient tendance à sous-estimer leur niveau de compétence et penseraient à tort que des tâches faciles pour elles le sont aussi pour les autres.

Ce phénomène a d’abord été observé dans une série d’expériences de David Dunning et Justin Kruger du département de psychologie à l’Université Cornell en 1999.

L’étude a été inspirée par le cas de McArthur Wheeler, un homme qui a volé deux banques après avoir recouvert son visage de jus de citron dans la croyance erronée que, parce que le jus de citron est utilisable comme encre invisible, il empêcherait son visage d’être enregistré sur les caméras de surveillance .

Dunning et Kruger ont noté que plusieurs études antérieures tendaient à suggérer que dans des compétences aussi diverses que la compréhension de texte, la conduite d’un véhicule, les échecs ou le tennis, « l’ignorance engendre plus fréquemment la confiance en soi que ne le fait la connaissance » (pour reprendre l’expression de Charles Darwin).

Bien que l’effet Dunning-Kruger ait été formulé en 1999, Dunning et Kruger ont noté des observations antérieures de philosophes et de scientifiques:

Confucius : «La vraie connaissance est de connaître l’étendue de son ignorance»

Bertrand Russell :  » L’une des choses douloureuses de notre temps est que ceux qui sentent la certitude sont stupides, et ceux qui ont toute imagination et compréhension sont remplis de doute et d’indécision « 

Charles Darwin :  » L’ignorance engendre plus souvent la confiance que la connaissance « 
Shakespeare : « Le sot pense qu’il est sage, mais le sage se sait être un imbécile
« .

Leur hypothèse fut qu’en observant une compétence présente en chacun à des degrés divers :

1- La personne incompétente tend à surestimer son niveau de compétence ;
2- La personne incompétente ne parvient pas à reconnaître la compétence de ceux qui la possèdent véritablement ;
3- La personne incompétente ne parvient pas à se rendre compte de son degré d’incompétence
4- Si une formation de ces personnes mène à une amélioration significative de leur compétence, elles pourront alors reconnaître et accepter leurs lacunes antérieures.

Cet effet pourrait par ailleurs être la cause principale (jusqu’à 30 %) d’erreur de diagnostics médicaux.

Ce biais a été popularisé par Coluche, citant Descartes, dans les années 1980 : « […] l’intelligence, c’est la chose la mieux répartie chez les hommes, n’est-ce pas, parce que, quoiqu’il en soit pourvu, il a toujours l’impression d’en avoir assez, vu que c’est avec ça qu’il juge, hein ! »

Dunning and Kruger ont reçu en 2000 le prix Nobel de  psychologie pour leur travaux.

 

Amusez-vous à retrouvez l’effet Dunning-Kruger dans ce graphique:

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