L’erreur de diagnostic

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Il est d’abord important d’être convaincu que cela nous arrive à tous, et pas qu’aux autres. L’erreur de diagnostic est la première cause de décès à l’hôpital ! Tout le monde y est confronté un jour ou un autre.

Il est par contre intéressant d’essayer de comprendre les erreurs les plus courantes qui nous amènent sur la voie d’un mauvais diagnostic et de là, à un mauvais traitement.

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La fermeture prématurée.

La première étape de la succession d’erreurs possible est souvent liée à un biais d’analyse que l’on appelle la fermeture prématurée. Cela revient à prendre très vite une décision et ensuite à ne plus la remettre en question. Le danger c’est que le bon diagnostic peut alors ne jamais être envisagé.

Des études suggèrent que les médecins se font une idée de la pathologie de leur patient après seulement 18 secondes d’entretien.

Ils sont alors déjà sûrs de leur diagnostic, et les études montrent que dans 80% des cas, ils ont raison.

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l’heuristique

Il s’agit d’une méthode de raisonnement simplifié et rapide qui ne considère pas toutes les hypothèses mais qui ne retient que la solution la plus évidente), « dent saine/patient jeune/signes de vitalité dentaire non interprétables/radio ne montrant pas de lésion » ancre une décision dans l’esprit du praticien : ce n’est pas la dent. (En réalité une imagerie simplement mieux angulée, ou encore un Cone Beam, aurait révélé une lésion osseuse assez importante à l’apex de la dent.)

 

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Le biais de confirmation

Ensuite va survenir un troisième biais qui s’appelle le biais de confirmation. Par exemple,dans le cas où un diagnostic de non implication d’une dent pour une douleur donnée a été effectué, et où le patient est référé à d’autres praticiens ( médecins…)Ceux-ci  ne mettent pas cause le diagnostic du dentiste et vont rechercher les signes cliniques qui confirment l’hypothèse première, même si ceux-ci ne sont pas évidents. Le biais de confirmation est un piège dans lequel il est facile de tomber. Le cerveau humain est ainsi fait qu’il est toujours plus facile (agréable ?) de chercher des indices qui confortent. La remise en question n’est pas la partie la plus développée de notre cerveau.

Les stéréotypes

Toujours d’après des études, l’apparence ou les traits de caractère des patients a une influence sur le diagnostic. Une jeune femme victime d’une crise cardiaque a 7 fois plus de risques d’être renvoyée chez elle du fait d’une erreur d’appréciation qu’une personne plus âgée.

Conclusion

Il faut accepter que tout le monde est susceptible de faire des erreurs de diagnostic. Des facteurs tels que la fatigue, le stress, la pression temporelle ou encore la routine et le manque de vigilance vont renforcer le risque de tomber dans ces biais d’analyse.

Il est donc important de partager ses expériences, même si elles ne sont pas toujours glorieuses, de façon à renforcer la vigilance collective. Les biais d’analyse devraient également être enseignés aux étudiants pendant tout leur cursus universitaire.