Le burnout du dentiste(3): les solutions

Les mesures idéales de prévention du burnout devraient empêcher celui-ci de survenir. Elles devraient donc agir sur les facteurs menant à l’épuisement professionnel.

La prise en charge du burnout implique des changements personnels intérieurs, et des changements dans sa pratique quotidienne en organisant mieux son quotidien professionnel et familial et en l’ajustant à sa vie privée.

Les acteurs prenant en charge le burn-out s’accordent à dire qu’un arrêt de travail de 6 mois minimum est indispensable dès le diagnostic posé. La première étape est l’arrêt de travail, la plupart du temps associé à un traitement médical avec la mise en place d’un suivi auprès d’un psychologue ou d’un psychiatre.

Les interventions de prévention et de prise en charge peuvent être catégorisées en interventions centrées sur la personne (individuelles ou en groupe), organisationnelles ou combinant les deux.

Les interventions centrées sur la personne

Le but est d’ améliorer ses compétences personnelles ou de changer certaines caractéristiques de la personnalité. Ces changements s’attachent principalement à la gestion du stress, au comportement et à la communication en établissant une série de conseils et de lignes de conduite.

Les différents types d’interventions et leurs pistes d’action se regroupent en 6 catégories:

 Auto-formations et formations

– Amélioration des compétences en communication

– Acquisition d’aptitudes en résolution de conflits

– Amélioration de la confiance en soi et de son assertivité

– Acquisition d’aptitudes en gestion du stress ou des émotions

– Approches cognitivo-comportementales

 

 Relaxation

La relaxation peut se définir comme un état psycho physiologique inverse de l’état d’excitation. Se relaxer peut ainsi être une méthode adéquate pour réduire le stress. Il existe de nombreuses méthodes pour se relaxer. L’idée de base est d’apprendre à relâcher la tension musculaire pour réduire le stress physiologique afin d’obtenir une sensation d’apaisement psychologique tout en maintenant l’esprit en éveil.

Psychothérapie

Elle a pour but d’encourager les praticiens à avoir une meilleure connaissance d’eux-mêmes, de leur personnalité, de leurs désirs profonds et de leurs motivations. Cette recherche personnelle est censée assister les personnes concernées à mieux comprendre les raisons pour lesquelles elles sont vulnérables au stress tout en les aidant à trouver le moyen d’aborder leur vie professionnelle en minimisant les risques de burnout

Conseil

Conseil individuel ou guidance encadré par des professionnels capables de mettre en place de nouvelles stratégies dans la gestion individuelle de son cabinet.

Soutien par ses proches, ses pairs

Interventions personnelles

– Avoir un médecin de référence pour se faire diagnostiquer et soigner rapidement et de façon adéquate en évitant les consultations de couloir.

– Évaluer régulièrement ses objectifs professionnels et économiques, connaître ses forces et ses faiblesses, clarifier ses valeurs, définir des buts réalistes en accord avec les capacités concrètes du sujet. Redéfinir ses besoins et ses priorités

– Développer et maintenir des centres d’intérêts, hobby, activités créatives

– Savoir reconnaître les limites de ses responsabilités à l’égard des patients et de la réussite de leur traitement. Souvent les patients sont eux-mêmes responsables de l’échec ou du succès d’un traitement suivant qu’ils suivront ou non les recommandations (d’hygiène par exemple) qui leur seront faites. De même savoir refuser de réaliser un traitement inapproprié en expliquant que c’est une question de conscience professionnelle

– Prendre soin de soi : pratiquer des exercices physiques réguliers et favoriser d’autres habitudes de vie saine (alimentation équilibrée, sommeil), se reposer et s’octroyer du temps libre éviter les substances addictives (tabac alcool médicaments). La meilleure façon pour les chirurgiens-dentistes de se protéger du burnout est de prendre soin de soi

– Rompre la monotonie : se tenir informer des dernières découvertes scientifiques et techniques par la lecture d’articles et des formations tout en les intégrant dans sa pratique permet au praticien de rompre la monotonie de son travail tout comme le changement régulier de la décoration de son cabinet

– Cultiver l’humour car le rire donne un répit au stress et aux diverses tensions que comporte la pratique professionnelle

– Reconnaître le versant positif et pas seulement la charge, le stress, le fardeau, se concentrer sur le processus plus que sur le résultat, apprécier les succès. Rechercher et accepter les compliments

Les interventions organisationnelles et/ou centrées sur l’interface travail/personne

Les interventions organisationnelles ont pour but de proposer au praticien de modifier ses procédures ainsi que ses conditions de travail, de l’aider à gérer l’organisation pratique du cabinet ainsi que de lui donner les outils nécessaires pour faire face à la législation et à la réglementation toujours changeantes.

Les facteurs concernés :

– la relation praticien-patient : attentes, pression du résultat, litiges

– l’organisation du cabinet : gestion du planning, de la charge de travail et des ressources

– les relations humaines au sein de l’équipe de travail

– l’intégration de nouvelles technologies

– la contrainte de rentabilité du cabinet

les modifications du système de soins ainsi que les échanges avec l’Assurance Maladie

– l’équilibre vie privée / vie professionnelle

Les interventions organisationnelles et centrées sur l’interface travail/personne sont rarement décrites de manière approfondie et encore plus rarement évaluées. Celles qui le sont ne concernent pas les dentistes mais d’autres travailleurs dans le secteurs des soins de santé. L’effet positif de ce type d’intervention sur le burnout peut durer jusqu’à un an

 Les interventions combinées

Bien que présentes dans la littérature scientifique, les interventions combinant les stratégies centrées sur la personne et les stratégies organisationnelles sont prônées par plusieurs auteurs. Elles semblent d’ailleurs produire des effets plus durables, dépassant les 12 mois et devraient donc être plus présentes et plus disponibles

 

Tous les types d’intervention étudiés précédemment se révèlent bénéfiques. Tous amènent à une diminution du burnout et la meilleure combinaison possible est d’allier thérapie personnelle et thérapie organisationnelle. Cependant, cet effet décroît avec le temps. Au bout d’un an, la majorité des progrès dus à l’intervention sont réduits à néant. Cependant, le praticien ayant participé au programme d’intervention garde mieux en tête l’importance du soutien social, arrive mieux à garder la main sur la gestion du cabinet et possède un meilleur équilibre entre l’investissement émotionnel et la satisfaction du travail fourni. Des programmes de rappels effectués chaque année permettraient de pallier ce problème mais aucune étude n’a porté ces rappels au delà de deux ans donc on ne peut que spéculer sur la pérennité d’une telle solution. De même, les programmes se basant sur une approche combinée des deux thérapies n’en sont qu’à leurs balbutiements. Leur développement et leur optimisation devraient permettre d’améliorer encore leur efficacité . La multiplicité des publics concernés ainsi que le nombre d’évaluations partielles ou faussées sont deux des principaux facteurs ne permettant pas de dégager clairement une intervention type comme la solution au problème de burnout chez le chirurgien-dentiste en France. Cependant en prenant en compte les spécificités organisationnelles du cabinet ainsi que les traits psychologiques propres au chirurgien-dentiste, il est possible d’établir une liste d’actions permettant une réduction du phénomène de burnout dans notre profession. Enfin, on a vu que chaque catégorie d’intervention n’était pas spécifique à un type de facteurs en particulier. Par exemple, une amélioration de la relation praticien-patient passe par une meilleure gestion des litiges (intervention organisationnelle) mais également par de meilleures compétences en communication (intervention centrée sur la personne).

Source: dumas.ccsd.cnrs.fr.

 

 

 

 

 

 

1 commentaire sur “Le burnout du dentiste(3): les solutions”

  1. Les dentistes comme tous les professionnels sont touchés par le surmenage. Dans certaines régions, ils sont peu nombreux et doivent faire face à une clientèle très importante. Votre billet est intéressant car vous rappelez ce qu’est le burnout mais vous proposez aussi des solutions pour garantir une forme de bien-être.

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