La généralisation du tiers-payant ou l’Histoire de la pomme empoisonnée.

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Le tiers payant, instauré par la loi Santé qui est débattue actuellement est en apparence un très beau cadeau fait aux assurés sociaux : dès 2016, ils ne devraient plus avoir besoin d’avancer les honoraires, puisqu’il appartiendra aux praticiens de faire toutes les démarches, puis d’attendre que la Sécurité sociale et les mutuelles les remboursent. On comprend bien, dès lors, pourquoi les patients sont plutôt pour, et la majorité des praticiens violemment contre. Mais l’on aurait pourtant tort de penser que les grèves  menées par tous les corps de santé n’avait pas d’autre but que d’obtenir une aide financière pour le surcroît de paperasse qui les attend, ou des garanties sur la rapidité des remboursements. Car ces revendications, très concrètes et parfaitement justifiées masquent un problème infiniment plus grave, également dénoncé par les syndicats médicaux, mais d’une voix si faible que personne ou presque ne les a entendus : La généralisation du tiers payant, intervenant juste après l’obligation pour tous les salariés de contracter une mutuelle, pourrait bien abattre le dernier obstacle qui empêchait jusqu’à présent le gouvernement de combler le trou de la Sécurité sociale, et de trancher le cou de la médecine libérale par la même occasion. Le tout, sur le dos des assurés. Dans un premier temps, le tiers payant généralisé transformera en effet tous les praticiens libéraux (médecins, chirurgiens-dentistes….) en employés de la Sécurité sociale et des mutuelles, elles-mêmes soumises aux « objectifs » médicaux et financiers définis chaque année. L’Etat pèsera donc directement sur toutes leurs décisions : traitements ou prescriptions. Ce qui est déjà très inquiétant… Mais il y a pire… Dans un second temps, rien n’empêchera la Sécurité Sociale de diminuer la part de ses- remboursements, puisque ses affiliés n’auront aucun moyen de s’en apercevoir, sans pour autant diminuer leurs cotisations. Les assurés sociaux continueront ainsi à financer l’assurance-maladie, mais pour être correctement remboursés, ils devront aussi payer chaque année davantage pour leurs mutuelles… qu’ils n’auront bientôt plus la possibilité de choisir (c’est déjà le cas dans plusieurs branches professionnelles), pas plus qu’ils n’auront la liberté de choisir leur praticien. Obligatoire et toute puissante, chaque mutuelle pourra exiger de ses affiliés qu’ils se soignent dans l’un de ses centres de santé, doté d’équipements et de personnels dont la qualité dépendra directement du montant de leurs cotisations ! Ce sera l’avènement de la médecine à plusieurs vitesses, la mort de la Sécurité Sociale et celle de la médecine libérale. Ce sera aussi la fin du secret médical et la certitude de voir se multiplier encore plus rapidement les déserts médicaux, au profit de centres de santé bondés, n’employant que des salariés soumis aux consignes de leur direction. Les Français n’avanceront peut-être plus d’argent pour être soignés, mais ils paieront une fortune en cotisations et ils perdront le droit de choisir librement leur praticien, sans aucune certitude de bénéficier des meilleurs soins ou des traitements les plus performants. A l’heure actuelle, la prochaine généralisation du tiers payant est en effet toujours considérée comme une aubaine par une majorité de Français. Et c’est là- dessus, bien évidemment, que mise le gouvernement. Avec ce cadeau empoisonné, il donne l’impression d’être généreux envers les plus vulnérables – qui profitent déjà du tiers payant ! -, alors que la médecine que nous prépare sa généralisation ne soignera bien que les affiliés des mutuelles les plus chères, comme aux Etats-Unis, ce qui est tout de même curieux pour un gouvernement socialiste !

Médecins, chirurgien-dentistes, mêmes enjeux, même combat.

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Vous pouvez imprimer ce texte en 100aine d’exemplaire et le mettre à disposition dans votre salle d’attente, en prenant soin d’enlever toutes les revues habituellement présentes pour que les patients n’aient d’autres choix que de le lire et de s’informer de nos revendications.

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