L’approche cindynique

 

 

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Le terme cindynique trouve son origine dans le mot grec κίνδυνος/kindunos , qui signifie « danger ». Les cindyniques sont donc les sciences qui étudient les risques.

Ces disciplines cherchent à connaître, comprendre et modéliser les différents aspects du danger, visant à faire mieux connaître et à tenter d’analyser de manière globale le risque, pour mieux le gérer.

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Le danger est défini comme la tendance d’un système à engendrer un ou plusieurs accidents. Le danger a deux propriétés :

  • La probabilité qui mesure les risques qu’il a de se matérialiser;
  • La gravité qui mesure l’impact de cette matérialisation par le Dommage Maximum Correspondant.

Le risque est défini comme la mesure du danger. Lorsque l’on multiplie les deux dimensions du danger (probabilité et gravité), le risque donne une mesure synthétique du danger (Kerven and Rubise 1991).

L’analyse des systèmes et la détection des déficits de ceux-ci permet de diminuer la probabilité d’apparition de crises, et donc de réduire les risques.

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Intérêt du modèle cindynique

Il permet d’appliquer une réflexion et un canevas d’analyse systémique, et de mettre ainsi en évidence un certain nombre de facteurs sur lesquels des interventions peuvent être envisagées.

Les risques sont analysés comme portant une probabilité de réalisation binaire (« se réalise » ou « ne se réalise pas »). Il est ainsi possible de prévoir les enchaînements possibles avals de risques.On parle alors d’arbre des risques.

L’analyse des risques repose sur deux paramètres :

– d’une part, l’identification des causes du risque qui peuvent être nombreuses et multiples,

– et d’autre part, la détermination du niveau de risque.

 

À partir d’une confrontation de la fréquence d’apparition du risque et du degré de gravité, on définit un degré d’acceptabilité du risque. Si ce degré d’acceptabilité du risque donne l’apparence d’une donnée scientifiquement établie, ce n’est que par rapport à son appréciation statistique.

On lit souvent que le risque zéro n’existe pas. Cela vient du fait que quand toutes les mesures de prévention ont été raisonnablement pensées et mises en place, il reste une possibilité de risque dit résiduel.

L’évaluation d’un niveau de risque est une aide à la décision : comment tendre vers le risque zéro ?

L’objection que le risque-zéro n’existe pas, ne vaut pas. Le risque zéro existe, mais nous ne l’avons pas encore rencontré… On peut se dire ça ! Plus sérieusement, il s’agit de balayer cette objection, car souvent elle se révèle n’être qu’un alibi  » pour se prévaloir de sa propre turpitude « .

La cindynique dans l’art dentaire.

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Rappelons que le chirurgien-dentiste caractérise le risque (mesure du danger) comme une entité à deux dimensions: probabilité d’une part (les accidents surviennent plus ou moins souvent: exemple de la dent dévitalisée qui risque de se fracturer) et gravité d’autre part (ils ont des conséquences plus ou moins importantes: comme par exemple le fait qu’une fracture d’une dent dévitalisée peut entraîner son avulsion)

Cette définition très générale sous-tend deux approches possibles pour réduire les risques: la réduction de probabilité (ou la prévention des accidents), et la réduction de la gravité (ou protection contre les accidents).

C’est en ces termes simples, bien que parfois interprétés avec ambiguité, que se pose la problématique de gestion des risques (carieux, parodontaux, esthétiques, fonctionnels). Mais cette simplicité de dénomination ne doit pas cacher la multiplicité et là difficulté des efforts à accomplir pour identifier et évaluer les risques ainsi que pour les réduire ou les rendre acceptables.

Nos ouvrages ont des particularités qui imposent des méthodes de gestion des risques particulières. Ce sont des travaux en interactions avec un milieu vivant, toujours insaisissable dans sa complexité et son évolution dans le temps.

Nos réhabilitations sont souvent sont passives ( c’est à dire sans contrôle actif du comportement), dont le rôle est de résister aux forces occlusales, aux microbes, aux infiltrations, à l’humidité…. Tout ceci dans un corps qui bouge, qui change qui vieillit.

La réhabilitation globale fait intervenir de la paro, des soins conservateurs, de l’endodontie, de la prothèse. Des négligences dans l’une de ces phases peut avoir des conséquences dans une autre. Cela rend complexe et difficile la gestion globale des risques, mais cela la rend nécessaire.

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 Conclusion

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Une approche scientifique et raisonnée d’évaluation des risques ( carieux, parodontaux….) doit être faite pour chacun de nos patients afin de les soigner dans la durée. Cela nous permettra d’élaborer des traitements et stratégies préventives ainsi que protectrices qui diminueront leurs facteurs de risque.

Ne restons pas sur nos idées instinctives de traitement, mais organisons notre pensée , sans quoi nous risquons fort d’emmener nos patients sur des pentes savonneuses…

Une excellente  formation existe sur ce sujet du plan de traitement global intégrant entre autre les 4 grands facteurs de risque.
The Dentalist: formation: Plan de traitement global

pour ceux que cela intéresse:

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Enfin, une fois n’est pas coutume, il me semble intéressant de donner en références  quelques livres sur les cyndiniques.

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