L’irrigation canalaire(3): les paramètres clés

Il n’existe, à ce jour, pas encore de consensus concernant ces différents points:

Préparation canalaire de qualité :

En vue de favoriser le flux et le reflux des irrigants dans le canal et optimiser leur agitation dynamique.

Une mise en forme optimale débute par la réalisation d’une cavité d’accès généreuse afin d’obtenir un réservoir suffisant pour l’irrigation. Ensuite, l’obtention d’une conicité canalaire et d’un diamètre apical suffisants sont déterminants pour non seulement amener, mais aussi renouveler les irrigants de la zone du 1/3 apical et assurer une bonne dynamique des fluide lors de d’une irrigation dite active. La zone du 1/3 apical, est une zone critique pour le succès du traitement endodontique.

Ainsi, des canaux correctement préparés peuvent contenir de plus grands volumes d’irrigant (augmentation du réservoir à disposition). L’agent actif est davantage susceptible de « circuler, pénétrer et nettoyer le système canalaire »

Contact avec les tissus :

Si certaines portions des parois canalaires restent contaminées après traitement c’est qu’elles n’ont pas été en contact avec l’irriguant. Ce fait souligne encore l’importance de la mise en forme canalaire et de la réalisation d’une irrigation dite active.

Volume :

De plus grands volumes de NaOCl et EDTA permettent d’obtenir des parois canalaires plus propres. En effet en apportant une quantité importante d’irrigant cela permet d’amener davantage d’agents désinfectants et de remplacer les agents devenus inactifs ou ayant déjà réagis. Ainsi, une augmentation de volume s’accompagne d’une meilleur efficacité de l’irriguant (amélioration de la dissolution des tissus pulpaires, de l’effet anti-bactérien, de l’évacuation des débris, …)

Remplacement régulier :

Il permet d’apporter de nouvelles molécules pour remplacer celles ayant déjà réagies dans le canal. Ainsi donc, des canaux étroits, longs, courbés ou présentant une anatomie particulière vont exiger une instrumentation mécanique plus poussée et devront alors être irrigués plus fréquemment.

Temps :

Comme avec la température, un temps d’application allongé devrait permettre d’améliorer le nettoyage canalaire. Il est démontré qu’en augmentant le temps d’application, on augmente également la capacité de dissolution de NaOCl.

Température :

En augmentant la température de la solution, on accroît la capacité de dissolution du NaOCl, ses effets anti-bactériens ainsi que la rapidité d’élimination débris. La capacité de dissolution du NaOCl à 1% à une température de 45°C est comparable à celle d’une solution à 5,25% à une température de 20°C. L’effet antibactérien, lui, se voit doublé par incrément de 5°C. De plus, une élévation de la température d’une solution d’hypochlorite de sodium permet d’éliminer plus rapidement les débris organiques contenus dans la dentine (protéines en provenance de restes de tissus pulpaires, des tubulis dentinaires ou encore des bactéries). Enfin, une élévation de la température permettrait d’abaisser la tension de surface de la solution, de favoriser sa pénétration et donc d’accroître son efficacité. Mais quant est-il de la toxicité de la solution? Une solution chauffée, donc plus active, devrait voir sa toxicité augmentée. Ce n’est pourtant pas ce qu’il ressort des différents articles abordant le sujet : des solutions chauffées peu concentrées restent moins toxiques que des solutions non chauffées plus fortement concentrées. Cela peut s’expliquer entre autre par la faible conductivité thermique de la dentine humaine et grâce à un équilibre thermique qui se met rapidement en place entre la solution et les tissus environnants.

Concentration :

Effet anti-bactérien :

Il semblerait que les solutions des NaOCl ont le même effet anti-bactérien, à faible ou à plus forte concentration:il n’y aurait pas de différence notable entre du NaOCl à 1%, 2,5% et 5% .

Comment expliquer ces résultats ?

Lorsque l’on réalise une irrigation canalaire, on amène continuellement du produit frais et donc de nouvelles molécules de chlore au contact des parois canalaires. Ceci diminue donc l’importance de la concentration de la solution.

Par contre, de plus fortes concentrations d’irriguant seraient tout de même de rigueur afin d’assurer l’élimination des bacilles acidophiles et des spores.

Toxicité :

Une concentration plus importante va de pair avec une plus grande toxicité de la solution. Comme le contact entre l’irrigant et les tissus péri-apicaux ne peut être complètement évité, il peut s’avérer plus prudent d’utiliser des solutions moins concentrées.

Dissolution du tissu pulpaire :

Des solutions faiblement concentrées sont amplement suffisantes pour obtenir la dissolution totale du tissu pulpaire.

Propriétés mécaniques de la dentine:

Elles sont d’autant plus altérées que l’on recourt à de plus fortes concentration de NaOCl. Une solution plus concentrée réduit davantage le module d’élasticité et la force en flexion.

Tension de surface :

elle est proportionnelle à la concentration de la solution. Il est donc préférable afin d’améliorer le flux des irrigants d’utiliser des solutions peu concentrées.

Surfactant :

Diminuer la tension de surface d’une solution en augmentant sa mouillabilité permet un meilleur contact avec les parois canalaires, une meilleure pénétration de l’irriguant et donc une meilleure efficacité de la solution. Ce sujet reste encore controversé aujourd’hui. En effet, la tension de surface des liquides introduits ne jouerait qu’un rôle mineur puisque l’environnement canalaire est « liquéfié ». Ainsi réduire la tension de surface des irrigants ne permettrait pas d’éliminer davantage de smear layer pas plus que cela n’accroîtrait les effets anti-bactériens des irrigants canalaires. Enfin, l’adjonction de surfactant pourrait entraîner une plus grande pénétration des débris dans les tubulis dentinaires.

Agitation mécanique :

C’est ce que l’on nomme l’irrigation « active » Que l’on retrouvera dans le prochain article: « Activation des irriguant canalaires ».

Conclusion :

Il est préférable d’utiliser des concentrations plus faibles d’hypochlorite de sodium afin de limiter la toxicité de la solution. Comme l’efficacité des solutions faiblement concentrées décroit rapidement, il est nécessaire d’utiliser un volume conséquent et de le renouveler régulièrement à l’intérieur du canal radiculaire. Il est aussi possible de chauffer les solutions d’irrigation afin d’obtenir une efficacité semblable à celle des solutions plus fortement concentrées