La vérité des prix

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La vérité des prix est l’opération qui consiste à facturer un service au prorata des ressources qu’il mobilise, lorsque c’est possible. Quand le coût du service se décompose en frais fixes et frais variables, la question devient plus difficile à trancher, et l’est en général par :

  • répartition arbitraire des frais fixes entre utilisateurs (réels ou potentiels) ;
  • facturation des consommations au coût marginal.

Le prix selon la parabole du voyageur de Calais

La parabole du voyageur de Calais est due à l’économiste Maurice Allais, « Prix Nobel » d’économie : Elle imagine qu’un voyageur monte subitement à Calais dans un train en partance pour Paris. On se demande quel est le montant du coût associé à sa décision.

  • Le contrôleur, pour sa part, observe que le train serait parti de toute façon avec ou sans ce voyageur, et que la différence de consommation d’électricité n’est même pas mesurable. Il est donc tenté de dire que le coût pour la compagnie est nul.
  • Le chef de convoi perçoit les choses différemment : si on lui ajoute 60 voyageurs comme celui-ci, il va devoir ajouter une voiture à son convoi. Il annonce donc que le coût réel est de 1/60e du coût de cette voiture pendant le temps du transport.
  • Le chef de ligne ne l’entend pas de cette oreille : on ne peut pas ajouter indéfiniment des voitures à un train, et au bout de 20 voitures il faut doubler celui-ci. Il souhaite donc imputer pour sa part, en plus du 1/60e de voiture précédent, 1/1 200e du prix de la motrice et du salaire de son conducteur.
  • Le chef de réseau n’est pas du tout d’accord : on ne peut pas multiplier ainsi les trains sans risque sur une même voie, et à partir de 50 trains par jour il est obligé de doubler la voie. Il ajoute donc pour sa part 1/120 000e du coût de la voie (toujours rapporté au temps du transport).

De proche en proche, il est possible d’établir le coût exact du billet pour le transporteur. Avec ce mode de calcul (et l’ajout éventuel d’une marge commerciale), la vérité des prix est devenue telle que le fait que le voyageur – s’il est en situation régulière – monte ou ne monte pas dans le train, même si son exemple est suivi de milliers de voyageurs comme lui, ne mettra jamais le transporteur en situation critique. Cet exemple est simplifié, mais l’idée générale s’y trouve.

 

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Enjeux et rôle du coût marginal

L’analyse microéconomique classique est marginaliste : elle considère que les chefs d’entreprise rationnels ne doivent produire que tant que le prix de vente est supérieur au coût marginal. Le profit total est maximum lorsque le coût de la dernière unité produite est égal au prix (intersection des deux courbes sur le diagramme ci-contre). Le coût marginal permet ainsi de déterminer un optimum technique de production pour certaines organisations qui est inclus dans une zone de bénéfice.

Le coût marginal permet d’optimiser le potentiel de production de certains outils d’aide à la décision.

 

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Le cas de la dentisterie en France:

Les chirurgiens-dentistes, soucieux de donner des soins selon les données acquises de la science, et passionnés en général par leur métiers, ne cessent de se former, d’investir, et d’échanger avec leurs confrères: il suffit de regarder le nombre de revues professionnelles, le nombres de formations, les délais d’attente pour certaines d’entre elles, le nombre de blogs  dentaires et forums ainsi que les investissements réalisés aux seins des cabinets ( cône beam, système d’empreinte numérique, ….) pour comprendre que les chirurgiens-dentistes ne regarde pas le train passer mais montent dedans malgré le prix faramineux du ticket et l’incertitude de pouvoir arriver à bon port.

Nous sommes passionnés! Comment pourrait il en être autrement d’ailleurs! Prenez vos amis, vos patients, et demandez leur s’ils auraient voulu exercer ce métier. Rare sont ceux qui regrettent de ne pas avoir choisi cette voie. Ils ne voient que les « horreurs » ( c’est leurs mots) que nous sommes parfois amenés à côtoyer du bout de notre nez, de nos yeux.

Ils ne nous voient pas comme des architectes, des artisans du sourire et du bien être.

Ce métier, c’est notre passion….mais les différents gouvernements successifs et leurs médias affiliés nous font passer pour des cochons, des rapaces, des sangsues….ce qui a pour conséquence le fait que certains praticiens voient leur motivation première s’émousser…

La seule raison de cette haine est le coût de notre prothèse qui leur semble prohibitif : ils ne nous définissent que par le coût de notre couronne! Cependant, les normes s’entassent, la paperasse chronophage nous submerge, le prix des produits dentaires ne cesse d’augmenter, nos charges fixes également et les patients désirent aujourd’hui un autre sourire que celui des années 40.

Non, notre prothèse n’est pas cher. En fait elle est même sous-évaluée du fait de la crise ( prenons par exemple le cas des onlays céramiques que nous facturons moins chers que les couronnes céramo-céramiques de type zircone) alors que leurs mises en place est bien plus chronophage et bien plus complexe). Et non, le prix de nos prothèses ne diminuera pas, même si celui des soins augmentent. Et non, nous refusons le plafonnement de nos prothèses.

Calculons le vrai prix des soins et des prothèses dans une transparence complète, mettons en avant la vérité sur les prix, voilà le préalable à toute décision, sinon, la santé bucco-dentaire des français sera réellement en péril.

 

 

 

 

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