Sortir de la convention: mode d’emploi

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Acuellement

Une recherche sur l’annuaire Amélie nous donne un nombre de 120 praticiens non conventionnés en France:

  • 85 sur Paris même
  • 10 sur la grande couronne
  • 6 sur Lyon
  • 3 sur Marseille et environs
  • 3 sur Grenoble
  • 1 sur Rennes
  • 1 sur Lille
  • 1 sur Cannes
  • 1 sur Fréjus
  • 1 sur Annecy
  • 1 sur Genève
  • 1 sur Nîmes
  • 1 sur Echirolles
  • 1 sur Roman sur Isère
  • 1 sur Biarritz
  • 1 sur St Raphaël
  • 1 sur Ciboure
  • 1 sur Agde

-37 femmes

-83 hommes

Techniquement
C’est très simple : un recommandé AR à la caisse primaire d’assurance maladie dont vous dépendez, et, un mois plus tard, vous exercez hors convention.

Si au bout d’un mois, vous n’avez pas de réponse, n’hésitez pas à vous renseigner auprès de la CPAM par téléphone. Sachez également, que, si la sortie est administrativement facile, la rentrée est théoriquement impossible avant la signature d’une nouvelle convention. Avant cette signature, vous devrez vous déplacer dans les bureaux de la caisse dont vous dépendez pour motiver votre demande de réintégration.

erratum du 17/07/17 : Il semblerait que la réintégration soit en fait tout aussi facile en faisant une simple demande en LRAR de reconventionnement, l’Accusé de réception ne replongeant directement dans la convention!

 

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Une fois hors-convention

Vous devrez faire un devis écrit pour tous les actes dépassant 70€ d’honoraires, remettre des notes d’honoraires et remplir les feuilles de soins CCAM ; exactement comme lorsque vous étiez conventionné.
L’opposabilité n’existant pas hors convention, il n’y a plus que deux sortes d’actes : les actes pris en charge (70% des 16% du tarif de convention ) et les actes NPC. Donc, devis et note d’honoraires à chaque fois, feuille marron en plus pour les actes pris en charge.
Je ne mentionne les actes oubliés dans la CCAM que pour mémoire, conventionnés et non conventionnés sont à égalité dans ce cas ; la situation du non-conventionné est cependant plus facile vis-à-vis d’un patient qui n’attend rien des organismes sociaux.
L’application de la CCAM étant un alinéa de l’avenant 3 à la convention de 2006, vous devriez pouvoir coter en NGAP, mais en pratique, les caisses ne traitant plus les feuilles NGAP, vous serez obligé de vivre avec la CCAM.
La CCAM s’applique aussi aux actes NPC, vous devrez mentionner le code sur vos devis et notes d’honoraires et aussi dans vos dossiers.

Bref, pas de changement par rapport à la convention sur ce domaine.

! Attention: Pensez à informer vos nouveaux patients de votre position hors convention, et indiquez-leur le montant de votre consultation initiale lors de la prise du rendez-vous.


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Les conséquences pour vos patients

Le régime obligatoire remboursera vos patients sur la base du tarif d’autorité (16% du tarif conventionnel pour les actes ressortant encore de la NGAP (La consultation par exemple), et pour les actes en CCAM. Le régime obligatoire remboursera donc 70% des 16% du tarif conventionnel!

Les contrats d’assurance complémentaires.
Remboursent-elles un pourcentage du tarif de responsabilité, un pourcentage du remboursement de l’organisme social de base, un forfait selon les actes ? Le plus souvent, lorsque vous les contactez, les employés des complémentaires sont incapables vous renseigner ; la plupart ignore la différence entre ces différentes situations.

Pourtant, les argumentaires publicitaires des complémentaires n’hésitent pas à proposer un pourcentage de remboursement supérieur à 100% en sachant parfaitement que le patient d’un conventionné ne pourra pas profiter d’une prestation qu’il a payée.

Si c’est un pourcentage du tarif de responsabilité, cela devient intéressant en hors-convention pour le patient dès que ce pourcentage est supérieur à 84%. En effet, en temps que conventionné, vous êtes limité au tarif opposable, et vous ne pouvez pas vous faire honorer à part certains actes (pose de digue pour un composite par exemple). En temps que non conventionné, vous n’êtes pas limité par le tarif opposable, et vous pouvez intégrer cette pose de digue dans l’acte global, ce qui vous permet de faire honorer votre travail à sa juste valeur.

En ce qui concerne les actes opposables, le tableau ci-dessous est plus clair :

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Concrètement, si vous faites un angle incisif (HBMD044) en temps que conventionné, vous êtes limité par les 43,00€ opposables que la CPAM vous alloue généreusement. Pas de quoi faire une obturation sérieuse.  Vous ne pouvez pas vous faire honorer un maquillage du composite, une pose de la digue, mais vous pouvez utiliser certains codes CCAM comme les photos, mais le devis et la note d’honoraires séparée peuvent ne pas passer auprès de certains patients. D’autre part, le patient qui a conclu un contrat avec une bonne complémentaire est frustré d’un remboursement pour lequel il a payé une prime d’assurance élevée. Si vous êtes non-conventionné, vous pourrez faire honorer, dans le cas de la complémentaire à 500%, le même acte à hauteur de 191€ avant que le patient ait à sortir un sou de sa poche. Rappelez-vous qu’une femme ou un homme qui cotise autant est un patient motivé !

En conclusion, en vous déconventionnant, vous pouvez accéder à une qualité des soins de base hors norme en France.
Paradoxalement les patients adhérents de certaines complémentaires ont avantage à consulter un non-conventionné.

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Conséquences pour vous

Vous ne « bénéficiez » plus des avantages de la convention. Vous perdez le droit de cotiser à l’URSSAF pour votre assurance santé personnelle de base, et vous perdez aussi l’affiliation à la cotisation de retraite complémentaire « Avantage Social Vieillesse » (ASV).

Comme la cotisation URSSAF des chirurgiens dentistes est majorée en fonction du taux URSSAF pour les conventionnés, autant payer une cotisation sans majoration (au RSI).

L’avenir de la retraite ASV est assez sombre ; la participation de la CPAM à ce régime est passée de 50% à 33% lors du premier avenant à la convention de 2006, et tout laisse à présager de nouvelles baisses à l’avenir. L’évolution de la démographie professionnelle entrainera une baisse drastique des prestations pour les praticiens actuellement en activité. Placez plutôt les sommes ainsi dégagées ailleurs (Madelin, pierre etc…).

Prévoyez, la première année, une petite perte de chiffre d’affaire. L’année suivante, vous devriez retrouver votre niveau antérieur.

Justification de l’exercice hors convention

L’écart sans cesse croissant entre les tarifs de l’assurance maladie et le coût réel des actes interdit de pratiquer les actes opposables de façon conforme aux données acquises de la science sans perdre d’argent ; cela entraîne une incitation à pratiquer certains actes plutôt que d’autres, au détriment du patient.

Si un praticien gagne autant, quel que soit l’actes qu’il pratique, aucune considération économique ne vient interférer avec son choix thérapeutique. Vous pourrez faire une endodontie de pointe sur une dent difficile au lieu d’extraire la dent et de proposer un implant. Le patient y gagne, votre conscience aussi, sans sacrifice financier de votre part.

Les honoraires

En temps que conventionné, vous avez pris l’habitude de vous fier au tarif de la nomenclature, puis à celui de la CCAM. L’opposabilité est à la fois une règle contraignante, et un confort, en ce sens qu’elle vous décourage de faire l’effort de calculer vos prix de revient. Lorsque vous quitterez la convention, attendez-vous à avoir des difficultés pour établir les honoraires des petits actes. Ces petits actes sont pourtant importants pour votre patient. Même si certaines interventions sont techniquement moins lourds que d’autres, rien ne justifie un traitement différent, tous nos gestes doivent être réalisés avec le même sérieux.
Il n’empêche qu’il y a une difficulté à établir un tarif d’honoraires pour les actes opposables aux conventionnés.

Vous devrez établir un barème d’honoraires raisonnable.
L’article R4127‐240 du code de déontologie vous guide dans ce domaine. Consultez le code de déontologie sur le site de l’Ordre.

Vous calculerez vos honoraires à l’avance pour les actes courants, en tenant compte du temps passé, de la technicité, des consommables et de l’amortissement du matériel nécessaire… . Pensez à intégrer le temps dévolu aux explications dispensées au patient.

Préparez-vous des devis et notes d’honoraires à l’avance, pour ces actes courants.

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Relations avec les patients

Vous ne pouvez pas songer à sortir de la convention si vous n’avez pas une relation forte avec vos patients.

Ils vous ont choisi à cause de la qualité des soins que vous leurs dispensez, de la clarté des explications que vous leur donnez. Anticipez, expliquez-leur pourquoi vous allez sortir de la convention. Parlez des contraintes de plus en plus pesantes, des entraves au libre choix thérapeutique.

Nous ne vous abusez pas vous-même sur le montant des remboursements qu’il touchera : en moyenne, pour une dentisterie digne du XXIè siècle, dans le cadre d’un exercice conventionné, ils ne sont, sécu + mutuelle, que de l’ordre de 10% des honoraires totaux, si on fait intervenir la parodontie, l’endodontie et l’implantologie. Hors convention, le remboursement global moyen sera de l’ordre de 3 à 5%. Financièrement, la différence n’est pas énorme.

Globalement, vous ne serez pas plus cher, d’autant que les charges en moins (taux Urssaf, ASV) vous rendent plus compétitif.

Certains patients vont vous quitter. Une bonne partie reviendra assez vite ; d’autant plus vite qu’ils s’apercevront que vous leur avez dit vrai en leur parlant de leur complémentaire. Le premier détartrage suffit : avant, vous faisiez honorer HBLD001, opposable, et vous complétiez avec HBGD006, NPC. Le patient était remboursé 28,92€. Admettons qu’il au une bonne complémentaire, vous facturez le détartrage (toujours HBLD001) a sa juste valeur, en fonction du temps passé, et le surfaçage également. Si la complémentaire prend à sa charge 330% de tarif de responsabilité, il sera remboursé jusqu’à hauteur de 100,06€, et n’aura que le surfaçage à sa charge.
Même chose sur les composites, l’endodontie…

Attention, restez raisonnable avec vos honoraires, ils doivent être en rapport avec le service rendu.
Le patient sait, de façon plus ou moins diffuse, que des accords avec les caisses limitent les honoraires des conventionnés, en échange d’avantages qu’il croit encore d’actualité. Dès que vous sortez de la convention, il sait que vous entrez dans le monde de la vérité économique ; vous perdez votre crédibilité dès que vous êtes trop bon marché : le patient sait ce que lui facturent les indépendants (artisans et libéraux) auxquels il a recours, et il ne comprendra pas comment vous faites pour lui délivrer des prestations analogues (en coût de revient) beaucoup moins honorés. Il subodorera une arnaque sur la qualité des soins et vous perdrez sa confiance.

Certains patients n’hésiteront pas à vous poser de façon tout à fait libre des questions sur vos honoraires. Ils attendent des réponses claires et précises. N’en soyez pas surpris, ils agissent de même envers les gens qu’ils font travailler (artisans, libéraux, prestataires divers). Vous aussi, vous vous renseignez avant de commander un service ou un travail. Ne vous étonnez pas de la réciproque, vous venez d’entrer dans le monde libre !

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Mise en garde

Lorsque vous êtes conventionné, vous avez en permanence la tentation d’augmenter les honoraires opposables, dont je ne vous rappelle pas l’indigence.

Attention!
La sécurité sociale admet parfaitement qu’il y a des cas où vous ne pouvez pas travailler au tarif opposable. Mais elle tient ces cas pour exceptionnels. Dans ces cas:
Ecrivez « DE » ‘dépassement exceptionnel) dans la casse « motif du dépassement » de la feuille de soins.
Prévenez votre patient à l’avance, et faites un devis.
Notez dans le dossier patient la raison du dépassement (technique, cas difficile ou fourniture d’un produit onéreux, exigence du patient notamment esthétique…)
Tenez-vous prêt à répondre aux questions de la caisse.
Rappelez-vous que la sécurité sociale ne vous fera pas de cadeaux si vous utilisez cette procédure trop souvent à son gré. Elle ne tiendra aucun compte de ce que vous vous êtes fait une réputation pour ces actes à dépassement, et que ce sont les patients qui vous les réclament.

Les sanctions qui vous menacent sont:
le recouvrement de l’indu : la sécurité sociale vous oblige à rembourser les dépassement.
L’interdiction de donner des soins aux assurés sociaux : autrement dit, la chambre disciplinaire vous exclu de la convention, ce qui est logique, puisque, de fait vous exercez hors convention, tout en faisant bénéficier vos patient des avantages de la convention, mais peut vous mettre dans une situation difficile.

source: scdp

6 commentaires sur “Sortir de la convention: mode d’emploi”

  1. Enfin un article qui nous explique les tenants et les aboutissants du statut de déconventionné et le calcul des mutuelles . J’ai enfin compris l’arnaque des mutuelles qui vendent des contrats à 250% du tarif des soins en sachant trés bien que la plupart des assurés ne pourront pas en profiter ! Edifiant

  2. Le remboursement sécu en non conventionné est de 70% des 16% du tarif de convention et non de 16%.
    Les règles d’usages du DE sont très claires. Je vous invite à les lire.

  3. Je vous invite également à prendre connaissance de la notion d’acte global.
    La pose de la digue, la stratification d’un compo….. ne sont pas plus facturables qu’une anesthésie locale. Comment peut on affirmer de telles conneries avec un tel aplomb, quel est votre but ?

  4. Je vous remercie de votre remarque! Je l’avais bien compris comme cela mais la formulation était en effet mal formulée; je viens de corriger cela pour plus de clarté.

  5. Je vous remercie de rester courtois dans vos propos, même si ceux-ci sont justes! Je viens de corriger également cela! Il semblerait d’après vos propos que vous soyez déconventionné. Il est même probable que vous soyez de ce fait parisien (statistiquement); je pourrais même supputer que vous êtes endodontiste! Vos lumières sont donc les bienvenues sur ce blog d’échange entre consoeurs et confrères. Je vous invite donc simplement à plus de retenue dans vos commentaires! Et si vous souhaitez comme je le fais, passer du temps à écrire un article sur le déconventionnement ou un autre sujet pour nous éclairer sur ce mode d’exercice très obscure, et ce de manière anonyme, sans aucune rétribution, juste pour le plaisir de partager, ce sera avec plaisir que je le mettrai en avant sur mon blog! Vous pourrez alors comprendre ce que je cherche via ce blog .
    Soit dit en passant, il semblerait que de nombreux chirurgiens-dentistes parisien utilisent la nomenclature…..à la sauce parisienne…..je n’ai rien inventé!!!
    Bien à vous

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